Les experts Lily

Jean Louis Kiehl lutte contre le surendettement

portrait Jean Louis Kiehl

Jean Louis Kiehl est Président de la Fédération CRESUS, la Fédération des Chambres Régionales de Lutte contre le Surendettement Social.

Quel a été votre parcours jusqu'à aujourd'hui ?

Alsacien d’origine, j’ai commencé à travailler à l’âge de 14 ans en tant qu’apprenti aide-comptable chez Mercedes, en Allemagne. J’ai progressé au fil du temps dans l’entreprise jusqu’à ce que celle-ci m’envoie la représenter à Abidjan puis à Nairobi. J’y suis resté 15 ans. À mon retour en France, j’ai souhaité commencer une nouvelle vie et j’ai entrepris des études de droit et plus particulièrement le droit du contentieux et la question du surendettement.

Dans les années 1990, j’ai rejoint l’association SOS Surendettement, ce qui deviendra plus tard CRESUS.

Qu’est-ce que CRESUS ?

CRESUS est une fédération d’associations présentes sur l’ensemble du territoire français, et dont la mission première est d’aider les personnes surendettées à constituer des dossiers de demande de suspension/ rééchelonnement/ suppression des dettes contractées auprès de la Banque de France.

Les personnes en situation de surendettement ont des droits, mais les démarches administratives sont complexes. Nos bénévoles sont là pour les aider dans ce chemin difficile.

Pourquoi votre action est-elle si importante en France ?

Nous vivons dans un monde où tout le monde peut être touché par le surendettement. La société nous incite à vivre à crédit et parfois, un simple imprévu de vie peut mener à une série de difficultés qui nous amène à emprunter de l’argent à la banque pour pouvoir faire face. Le retour en arrière peut alors devenir difficile, et on se met à emprunter pour rembourser des emprunts.

Chez CRESUS, nous avons rapidement compris que l’accompagnement des personnes en situation de surendettement ne pouvait pas suffire. Il nous fallait interagir avec l’ensemble de la société.

Ainsi, en 2008, nous avons créé la Fondation CRESUS, à travers laquelle nous tissons des contacts et parfois des partenariats avec les banques, afin de les inciter à coopérer dans la lutte contre le surendettement. En particulier, la Fondation reçoit des agents bancaires pour les sensibiliser et les former à la constitution des dossiers de surendettement.

Les missions de CRESUS sont donc de prévenir, de guérir, mais aussi d’éduquer et de protéger. Depuis 2014, des bénévoles interviennent dans des entreprises et des écoles avec le jeu DILEMME, jeu de plateau CRESUS qui a vocation à apprendre à gérer un budget et faire la balance entre plaisir et épargne.

Nous sommes également très à l’écoute des évolutions législatives et tâchons de faire entendre notre voix auprès des pouvoirs publics.

Quels sont vos combats actuels ?

Nous pouvons nous féliciter d’avoir permis un encadrement plus strict des taux d’intérêt des crédits renouvelables, notamment avec la loi Lagarde de 2010.

En revanche, nous militons toujours pour la création d’un “fichier positif” où apparaîtrait la liste des crédits contractés par l’individu, afin d’éviter le crédit de trop.

En attendant, je place beaucoup d’espoir dans un projet sur lequel planchent nos ingénieurs : ils travaillent à la conception d’une application gratuite de gestion du budget basée sur l’intelligence artificielle. En plus d’une vision 360° de ses comptes, l’application devrait permettre de prédire les difficultés financières et d’orienter vers des aides pour rétablir son budget.